Japon jour 2 lundi 28 février 2011
Bonsoir à toutes et à tous, ici il est près de 23h00 et je vous livre quelques éléments de la journée.
Note de rédaction: pour mettre un peu d’exotisme, les voyelles longues sont notées avec un accent circonflexe dans le texte. (d’où dôjô et sôke).
Enseignement d’ambiance : les buyus présents sont de plus en plus amicaux, parce qu’on prend le temps de parler, qu’il y a un peu moins de monde que le dimanche, que je suis moins dans le jetlag etc. Les gros contingents sont : des Néerlandais (une petite quinzaine), des Espagnols (une petite dizaine), des Australiens (une demi-douzaine). L’équipe des Pays-Bas est par ailleurs régulièrement présente lors du grand stage de juillet (YURÔ SHI TENNO) à Vincennes (cette année, 8, 9 et 10 juillet 2011, à ne surtout pas manquer si pouvez y être).
Le cours de NAGATO sensei au Hombu dôjô
Il fallait s’y attendre, l’impression de simplicité et de décryptage aisé allait bien avoir une fin ! Le cours était très clair et très intéressant grâce bien sûr à l’expertise de NAGATO sensei ainsi qu’à sa personnalité très attachante. Je vais être relativement factuel car il n’y a pas eu véritablement d’enseignement type « citation » quasi mystique mais tout de même une petite boutade de sa part :
« je n’enseigne pas aux quinzièmes dan (c’est Sôke qui le fait), non je répare, je soigne plutôt (terme anglais : to fix), donc si vous voulez être mes patients… ».
Base de travail avant la pause : jodan tsuki éventuellement doublé par uke.
Etude 1 : absorption du poing d’attaque pour exploiter en take ori sous l’aisselle, et l’enchaîner après rétablissement au dessus par un omote gyaku ou de nouveau take ori vers l’épaule.
Etude 1 bis : idem au départ et l’enchaînement se fait toujours en bas par une sorte de ura gyaku qui fait penser au sankyo de l’aïkido mais dont la direction n’est pas vers le haut mais vers le bas pour favoriser l’amenée au sol (en l’orientant dans les zones sans appui du dos de uke).
Intermède : NAGATO sensei nous a montré un des gros points faibles de attaques « coup de poing en va et vient » qu’on voit en boxe, en karaté etc. Le mouvement retour du poing est un moment de faiblesse à exploiter. Je vous laisse tester de votre côté. On verra aussi cela en stage pour ceux du dôjô…
Etude 2 : à partir d’un contrôle du tsuki en jumonji quasiment poing contre poing (pour Tori) et qui peut devenir assez désagréable surtout si on met des shukos. Sans saisie, le poing d’attaque est alors capturé par la pince. La main la mieux placée (celle côté ura la plus part du temps…) peut saisir le pouce d’Uke et amener tout simplement (en écartant par le bas) une clé de bras etc.
Etude 2 bis : à partir du même contrôle croisé en étant omote, revenir en ura par un déplacement léger et libérer le ura shûto qui n’attendait que cela, le ura gyaku qui suit est encore de Mozart, pardon, de NAGATO.
Etude 3 : On revient à l’absorption du poing en le contrôlant sans serrer avec une ou deux mains (type abeille qu’on garde au creux de ses mains dans le noir, pour les initiés de la métaphore) et enchaînement vers le bas, talon avant et vers l’extérieur en omote gyaku.
Pour finir avant la pause, travail encore plus libre, en enchaînant les attaques de Uke.
Et donc, après une bonne pause, les choses se sont gâtées : Mon partenaire de travail était lui aussi un garçon solide et très ancré dans le sol (des années de jûdô !). L’impression de travailler face à soi-même ! Les plus caustiques d’entre-vous sont priés de faire taire ces ricannements que j’entend de l’autre côté du globe. L’exercice d’étude de NAGATO était de créer un déséquilibre sur une base d’attaque type « omote henka ». J’ai quand même eu l’impression de jouer à contre emploi au sens où face à ce style de uke, ce n’est pas forcément comme cela que j’aurai naturellement gérer le problème. Mais il s’agit bien d’étude après tout. On a donc beaucoup tourné, cherché des angles et des solutions sur les bases des compléments que proposait NAGATO : comme l’agrément d’un shûto juste après s’être gardé du poing d’attaque, comme une frappe puis une poussée à koe (l’aine) dans un angle intéressant etc. L’un comme l’autre, on a fait un max pour rester souple, sans forcer, mais le corps reste le corps. Il n’y a pas de raison qu’il tombe si rien de l’y incite de manière persuasive, voire très persuasive… L’un comme l’autre, avons bien fini par mordre le tatami (pas question de poussière, c’est très propre le Japon et donc le Hombu dôjô). Un doute subsiste, je devrais prendre le temps d’aller voir des sumotori, il y a peut-être quelque chose à apprendre dans le domaine aérien…
Ce sera tout pour aujourd’hui, merci de votre attention et de votre indulgence toujours bienveillante. Demain, cours du soir à AYASE avec HATSUMI Sensei, moment important de ce stage. Je ne suis pas sûr de faire le compte rendu dans la foulée sachant l’heure à laquelle il va se terminer (s’il se termine un jour d’ailleurs…) mais EN NO KIRI NAI, ne coupez pas le lien.
Amitiés, Jean AUGIER

M’est avis que ça nous fera un stage bien dense, “comme là-bas, dis !”.
Le week-end est déjà réservé (et un stock d’Arnica).
Je ne connais pas (encore) le nom du masque que l’on voit en photo dans le fond mais j’avoue que j’aimerais le voir porté, au moins une fois.