
Hatsumi sensei pendant la pause calligraphie au Hombu dôjô le 27 février 2011
Chers amis, cette journée du premier mars a été particulièrement riche d’enseignements martiaux. J’ai pu bénéficier d’un cours de Duncan Stewart, shihan australien vivant au Japon et surtout, surtout du cours d’Hatsumi sensei à Ayase le soir. L’un comme l’autre m’ont apporté des éléments particulièrement intéressants.
Le cours de Duncan Stewart (pour info il doit venir en France à Aix en Provence à la fin mars à l’invitation du dôjô de James Bimes)
Thème 1 : les Kihon Happo Nous avons revu les kihon happo (c’est aussi dans le thème de l’année quelque part…). Il y a des détails qui changent un peu par rapport à ce dont nous avons l’habitude mais rien de fondamental.
Enseignements :
Pour omote et ura gyaku, faire en sorte que la main qui est la plus proche du visage de uke reste libre et capable de prendre en compte une attaque secondaire de Uke. C’est assez évident une fois que l’on y a fait attention. Elle ne fait que guider, un peu comme la main motrice et la main qui guide en bikken jutsu.
Pour muso dori, si la saisie se fait sous le coude (et non au sode), il est util de faire un take ori à uke simplement en pliant le bras saisi. Uke est alors capturé sans pour autant être saisi.
Quand on fait des jodan uke avec le corps, les hanches (la colonne-kôshi justu) et non pas avec le bras, il semble que la fin du jodan uke corresponde à un passage dans omote et ura gyake (celui où on élève le bras d’uke) alors que le début du mouvement de jodan uke se retrouve dans musha dori. Donc le travail de l’un a de l’incidence sur les autres.
Thème 2 : exploitation du cours de Nagato sensei dispensé la veille (voir jour 2). Les cours se font écho les uns aux autres et c’est très enrichissant de faire des liens entre eux.
Travail sur deux tsukis avec uke nagashi très doux, nécessitant des bien gérer les angles et la distance. Uke nagashi avec le jumonji proposé la veille. Garder le pouce de uke permet de mettre sa main comme obstacle. Dans tous les cas, ne pas pencher le corps vers l’avant pour ne pas se mettre à portée du deuxième poing. Il est possible de plier le coude à l’horizontal et d’ouvrir alors pour shitan ken. Application avec sabre.
Duncan a fait quelques rappels sur l’importance du rôle des uke et en a profiter pour rappeler aussi que Hatsumi sensei se sert plus de quelques uns dans la salle que de son propre uke, en particulier, il répond aux attentes/besoins non formulées de l’assistance.
Le cours à Ayase avec Hatusmi sensei (traducteur: Bruce)
La photo d’illustration date de dimanche mais elle vous montre un bel aspect de maître Hatsumi: son goût pour les arts et son aptitude à s’exprimer à travers eux.
Note initiale : Avant d’aller au cours, j’ai repris la lecture de Understand Good Play, chapitre des armes et j’ai lu avec plus d’attention le passage sur la corde, les vêtements, l’usage que l’on doit en faire. J’ai alors mis ma cordelette d’entraînement dans mon sac en me disant que cela allait peut-être servir, surtout que c’est une arme que j’apprécie et que j’aurai bien voulu voir entre les mains du Sôke. Cela n’a pas loupé. Hatsumi sensei a fait très exactement une partie du cours là-dessus. Tirez-en les conclusions que vous voudrez, vis à vis de ce que Duncan disait quelques heures avant. Je n’ai pas la prétention de dire qu’il a fait le cours en partie pour moi, mais cela a tapé dans le mille tout de même.
Techniques abordées :
Natacha, une jugôdan récemment décorée du Buffu Ikkan Award (Sôke a précisé que cela distinguait ceux qui avaient été « consistent »), a montré quelques mouvements sur double ou triple attaque. Soke a exploité cela en montrant ce qu’on pouvait en faire avec une ceinture, une écharpe, un sweat-shirt, une corde et l’a fait restituer à Natacha. Très amusant à mettre en œuvre. Plus tard Natacha a présenté un dégagement (tai odoki) sur tentative d’étranglement arrière. Sôke a insisté sur le fait que les 15e dan (et peut-être bien les 5e dan) devaient sentir venir l’étranglement avant qu’il ne soit trop tard. Il a aussi montré un point de pression sur le plancher orbital, très douloureux… comment faire omote gyaku « par la douleur », en itami, comment intégrer le Tachi (le sien ou celui du uke dans les techniques sur coup de poing. 1 heure 15 non stop, cela fait beaucoup donc je n’ai pas tout noté ni mémorisé mais c’est ce qui m’a le plus marqué.
Quelques citations d’Hatsumi sensei ce jour.
« Utilisez l’environnement, utilisez les vêtements, si vous n’avez que le Tai Jutsu, c’est comme si vous étiez tout nu, il faut ajouter l’environnement (matériel, a ajouté le traducteur) à vos formes »
A propos d’un uke emballé par les vêtements-corde : « plus il bouge, plus il est attrapé »
A propos des mouvements très simples qu’il utilise: « Ce sont des mouvements de la vie de tous les jours, vous pouvez tuer ou être tués avec des mouvements de la vie de tous les jours ». Détail amusant, le midi même, j’observais le cuisinier (un jeune d’une vingtaine d’année) secouer les nouilles (il fallait la faire, je ne pouvais pas la rater). Il le faisait non pas avec le haut du corps mais bien en y faisant participer tout son corps (enfin, nous nous comprenons…). J’avais noté ce point pour vous en parler, pour vous dire que la vie courante pouvait avoir un aspect martial et Sôke a pris l’exact contre-pied.
Il a parlé du Tout puissant (The Allmighty) qui s’exprimait dans le Budo mais je n’ai pas bien saisi la traduction de Bruce et je vais tacher de demander des précisions.
A propos des jeux de mots incessants : « faire de l’humour dans les arts martiaux, c’est important, le kyojitsu en prend aussi la forme »
Faites votre miel de ce qui vous parle mais ne prenez pas tout d’un bloc : il y a double traduction et vu les conditions sonores et mon niveau d’anglais, il est certain que j’ai pu manquer quelque chose. Je n’ai d’ailleurs pas mentionné ce qui est incompréhensible.
Je vous souhaite à tous une excellente soirée et vous dis à bientôt pour le compte-rendu du jour 4 : cours avec Nagato sensei et Noguchi sensei. Merci de votre bienveillante présence à mes côtés.
Amitiés, Jean
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