Japon jour 6, vendredi 4 mars 2011

Hatsumi sensei, et Paco, shihan espagnol qui m'a fait passer le godan test (Hombu dojo, 4 mars 2011)
Chers amis, dernier jour d’entraînement, ce vendredi a pris une forme d’apothéose. Le seul cours programmé était celui d’HATSUMI Sensei, le soir (ce qui me fait un total de 10 cours tout de même). Je devais y passer le fameux « sakki test » ou « godan test ». La journée étant longue, j’ai programmé une sortie au célèbre temple d’Asakusa. L’endroit vaut vraiment le déplacement. C’est très couru par les Japonais. Il y avait quelques Gaijin tout de même. Malgré la foule, il se dégage de certains endroits un grand sentiment de paix.
Après cette sortie à la fois culturelle et spirituelle, j’ai rejoint le hombu dôjô.
J’ai pu m’entraîner avec le même ami hollandais qui a un style si proche du mien… Entre temps, ayant considérablement assoupli mon mouvement, l’entraînement n’a pas du tout pris la même forme que la dernière fois où nous avions travaillé ensemble.
Le cours de Sensei fut vraiment de très haut vol. Il était en forme, d’humeur taquine.
Quelques phrases :
Témoignage d’un uke qui venait d’être contrôlé au sol : « j’avais l’impression d’être entouré (surrounded) par une infinité de points. » Complément de Sensei : « il faut savoir jouer de ses doigts sur le corps de uke comme sur un piano »
Au bô : « ne forcez pas, utilisez votre corps »
« Contrôlez avec votre corps, pas avec vos mains », « vos pieds doivent être comme des mains »
Il a aussi abordé le thème de Hensojutsu (pour l’écriture, vous me pardonnerez, prenez le en phonétique) « il faut comprendre l’environnement avec tous ses sens, pas que la vue et saisir la réalité ». Complément personnel : les sens en question ne s’arrêtent pas aux sens physiques de la réalité qu’on dit sensible.
Il a abordé le thème de ses livres, de l’édition etc.
_« Si ce que vous faites est bon, de grande qualité, ne perdez pas de temps à chercher le meilleur soutien (support), quelqu’un de plus efficace viendra prendre le relais ».
_« Ne voyez pas les choses en ce qu’elles ont de « moins » (minus), voyez ce qu’elles ont de bien »
_« Dans mes productions, ce qui est important n’est pas tant le contenu que la connexion entre les gens »
_« Mon prochain livre (déjà paru en exclu au Hombu mais disponible à partir de juin normalement) n’est pas le livre des cinq anneaux (de Myamoto Musashi) mais le livre des cinq armes » commentaire : le nom de l’ouvrage est The Essence of Budô chez Kodansha edition.
« Le temps est arrivé maintenant et le BUJINKAN continuera indéfiniment dans le futur »Commentaire personnel : c’est peu clair, comme formulation, mais cela fait très vraisemblablement allusion à l’après-HATSUMI qui doit s’appuyer sur la connexion entre les gens dont il avait parlée quelques minutes auparavant.
Technique au couteau : « avec le couteau, le taijutsu devient infini »
« Prendre tout le corps de uke par la saisie de uke lui-même. »
Une que j’ai beaucoup appréciée en parlant des coups de poing : « n’essayez pas d’atteindre une cible ». Mon partenaire a trouvé ma mise en œuvre assez perturbante…
La pause a été consacrée à la peinture. Le talent et la joie de Sensei quand il peint font plaisir à voir (c’est pourquoi c’était ma photo du mardi). J’ai pu lui demander trois calligraphies (c’est exceptionnel, tout le monde ne fait pas ça je vous rassure, mais c’était mon soir..). Une Américaine du corps des Marines, était sidérée : « je suis là depuis deux ans et je n’ai jamais osé demander, et maintenant je pars dans quatre semaines » J’ai demandé une première calligraphie : bunbû ryôdô, il fait suivre les deux voies, celle de la guerre et celle des études (tirée de Understand good play) qu’il m’a peinte avec le sourire (il a écrit, bunbû ryoshi si j’ai bien compris ce que SHIRAISHI sensei m’a dit). J’ai demandé aussi la lance victorieuse qu’il a préféré peindre en « la lance qui apporte la victoire » enfin, après hésitation, je suis revenu lui demandé une calligraphie pour le dôjô en lui précisant le nom du dôjô et où nous nous entraînions. La peinture/calligraphie signifie le taijutsu qui attire la bonne fortune et en me rendant le rouleau, il m’a souhaité bonne chance. Un beau moment d’échange que cette séance de calligraphie.
Ensuite, après l’entraînement collectif est venu le moment du « sakki test ». Grâce au chemin parcouru depuis mon arrivée au Japon, avec l’aide de mes professeurs et amis qui m’ont conseillé, guidé depuis la France, avec l’aide de mes amis sur place, avec l’aide de moyens plus personnels, j’ai pu passer au-delà de cette épreuve si particulière et si unique. Je remercie à l’occasion de ce petit article toutes ces bienveillantes attentions qui m’ont permis de me dépasser. Je reste volontairement très allusif car ce qui se passe est de l’ordre de l’intime et n’a pas sa place sur Internet.
Donc le Bujinkan compte un nouveau shidoshi français et le dôjô de l’Ecole militaire un instructeur de plus, pleinement qualifié aux yeux des règles japonaises. Soyez bien assuré que je compte faire partager ce qu’il m’a été donné de recevoir.
Je termine ici mes chroniques du Japon, l’épilogue concernera le retour en France. Je vous remercie à nouveau pour votre aimable attention pendant cette belle semaine, votre fréquentation nombreuse et souvent silencieuse m’a encouragé à vous faire partager mes expériences. Passez une excellente journée et à très bientôt, amitiés, Jean AUGIER








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