Japon jour 6, vendredi 4 mars 2011

Hatsumi sensei, et Paco, shihan espagnol qui m'a fait passer le godan test (Hombu dojo, 4 mars 2011)

Chers amis, dernier jour d’entraînement, ce vendredi a pris une forme d’apothéose. Le seul cours programmé était celui d’HATSUMI Sensei, le soir (ce qui me fait un total de 10 cours tout de même). Je devais y passer le fameux « sakki test » ou « godan test ». La journée étant longue, j’ai programmé une sortie au célèbre temple d’Asakusa. L’endroit vaut vraiment le déplacement. C’est très couru par les Japonais. Il y avait quelques Gaijin tout de même. Malgré la foule, il se dégage de certains endroits un grand sentiment de paix.

Après cette sortie à la fois culturelle et spirituelle, j’ai rejoint le hombu dôjô.

J’ai pu m’entraîner avec le même ami hollandais qui a un style si proche du mien… Entre temps, ayant considérablement assoupli mon mouvement, l’entraînement n’a pas du tout pris la même forme que la dernière fois où nous avions travaillé ensemble.

Le cours de Sensei fut vraiment de très haut vol. Il était en forme, d’humeur taquine.

Quelques phrases :

Témoignage d’un uke qui venait d’être contrôlé au sol : « j’avais l’impression d’être entouré (surrounded) par une infinité de points. » Complément de Sensei : « il faut savoir jouer de ses doigts sur le corps de uke comme sur un piano »

Au bô : « ne forcez pas, utilisez votre corps »

« Contrôlez avec votre corps, pas avec vos mains », « vos pieds doivent être comme des mains »

Il a aussi abordé le thème de Hensojutsu (pour l’écriture, vous me pardonnerez, prenez le en phonétique) « il faut comprendre l’environnement avec tous ses sens, pas que la vue et saisir la réalité ». Complément personnel : les sens en question ne s’arrêtent pas aux sens physiques de la réalité qu’on dit sensible.

Il a abordé le thème de ses livres, de l’édition etc.

_« Si ce que vous faites est bon, de grande qualité, ne perdez pas de temps à chercher le meilleur soutien (support), quelqu’un de plus efficace viendra prendre le relais ».

_« Ne voyez pas les choses en ce qu’elles ont de « moins » (minus), voyez ce qu’elles ont de bien »

_« Dans mes productions, ce qui est important n’est pas tant le contenu que la connexion entre les gens »

_« Mon prochain livre (déjà paru en exclu au Hombu mais disponible à partir de juin normalement) n’est pas le livre des cinq anneaux (de Myamoto Musashi) mais le livre des cinq armes » commentaire : le nom de l’ouvrage est The Essence of Budô chez Kodansha edition.

« Le temps est arrivé maintenant et le BUJINKAN continuera indéfiniment dans le futur »Commentaire personnel : c’est peu clair, comme formulation, mais cela fait très vraisemblablement allusion à l’après-HATSUMI qui doit s’appuyer sur la connexion entre les gens dont il avait parlée quelques minutes auparavant.

Technique au couteau : « avec le couteau, le taijutsu devient infini »

« Prendre tout le corps de uke par la saisie de uke lui-même. »

Une que j’ai beaucoup appréciée en parlant des coups de poing : « n’essayez pas d’atteindre une cible ». Mon partenaire a trouvé ma mise en œuvre assez perturbante…

La pause a été consacrée à la peinture. Le talent et la joie de Sensei quand il peint font plaisir à voir (c’est pourquoi c’était ma photo du mardi). J’ai pu lui demander trois calligraphies (c’est exceptionnel, tout le monde ne fait pas ça je vous rassure, mais c’était mon soir..). Une Américaine du corps des Marines, était sidérée : « je suis là depuis deux ans et je n’ai jamais osé demander, et maintenant je pars dans quatre semaines  » J’ai demandé une première calligraphie : bunbû ryôdô, il fait suivre les deux voies, celle de la guerre et celle des études (tirée de Understand good play) qu’il m’a peinte avec le sourire (il a écrit, bunbû ryoshi  si j’ai bien compris ce que SHIRAISHI sensei m’a dit). J’ai demandé aussi la lance victorieuse qu’il a préféré peindre en « la lance qui apporte la victoire » enfin, après hésitation, je suis revenu lui demandé une calligraphie pour le dôjô en lui précisant le nom du dôjô et où nous nous entraînions. La peinture/calligraphie signifie le taijutsu qui attire la bonne fortune et en me rendant le rouleau, il m’a souhaité bonne chance. Un beau moment d’échange que cette séance de calligraphie.

Ensuite, après l’entraînement collectif est venu le moment du « sakki test ». Grâce au chemin parcouru depuis mon arrivée au Japon, avec l’aide de mes professeurs et amis qui m’ont conseillé, guidé depuis la France, avec l’aide de mes amis sur place, avec l’aide de moyens plus personnels, j’ai pu passer au-delà de cette épreuve si particulière et si unique. Je remercie à l’occasion de ce petit article toutes ces bienveillantes attentions qui m’ont permis de me dépasser. Je reste volontairement très allusif car ce qui se passe est de l’ordre de l’intime et n’a pas sa place sur Internet.

Donc le Bujinkan compte un nouveau shidoshi français et le dôjô de l’Ecole militaire un instructeur de plus, pleinement qualifié aux yeux des règles japonaises. Soyez bien assuré que je compte faire partager ce qu’il m’a été donné de recevoir.

Je termine ici mes chroniques du Japon, l’épilogue concernera le retour en France. Je vous remercie à nouveau pour votre aimable attention pendant cette belle semaine, votre fréquentation nombreuse et souvent silencieuse m’a encouragé à vous faire partager mes expériences. Passez une excellente journée et à très bientôt, amitiés, Jean AUGIER

Japon jour 5, jeudi 3 mars

Masque au Hombu

Armure du Hombu dôjô

Bonsoir à toutes et tous, voici le compte-rendu des entraînements du jeudi 3 mars. Dans la même veine que la journée du  mercredi 2 mars, ce jeudi a été une journée d’entraînement extraordinaire. Comme la veille, j’ai commencé par un cours avec NAGATO sensei suivi dans la soirée d’un cours avec NOGUCHI sensei. J’ai encore pu servir de uke à l’un comme à l’autre. Pour le moment, je maintiens ma perception donnée la veille. J’ai effectivement pu remarquer dans le mouvement de NOGUCHI sensei, ce que HATSUMI sensei en dit lui-même très amicalement : « Noguchi style is monkey style » (à comprendre comme un compliment bien-sûr).

Cours avec NAGATO sensei

Sur une base de tsukis, quelques variations avec contrôle par la main gauche sur le poing droit et une protection/contrôle, par l’avant bras droit en mettant la pointe de coude vers le haut. Le point-clé semble se cacher dans la distance et l’angle car NAGATO sensei bien que donnant l’impression d’exposer ses côtes, reste hors de portée. A partir de là une série de variation avec un ura gyaku sur chaque membre, muso dori combiné avec ura gyaku. Le point intéressant est sans doute le pivot qu’il effectue autour de son coude pour venir contrôler l’épaule gauche de uke. Une variation intéressante : commencer le contrôle par la main droite et transfert à la main gauche tout en se protégeant avec le coude comme évoqué précédemment. L’intérêt consiste alors à commencer « discrêtement » une torsion pendant la deuxième attaque.

NAGATO sensei nous a fait travailler toute série de variations en incluant une torsion qui fait penser au sankyo de l’aïkido. Je suis allé lui demander s’il y avait un nom particulier, il m’a répondu avec un grand sourire « oui, c’est ura gyaku » Arigato gozaimas’ ! Le feeling des doubles torsions est très intéressant quand on les fait en douceur et dans tout le corps.

Cours avec NOGUCHI sensei

Le cours a été, à nouveau, un peu particulier pour moi. J’ai pu travailler avec un 13e dan hollandais pendant les deux heures. Je lui avais demandé s’il voulait bien me conseiller un partenaire pour l’entraînement afin de préparer le « sakki test » » du lendemain. Il a choisi de s’en charger lui-même. Ce fut une belle expérience pour moi de sentir ce haut gradé accepter de travailler, tomber, sans complaisance mais sans chercher à « gagner ». Très honnêtement, la sensation était vraiment différente de la veille avec Darren. Très beau moment d’apprentissage, tout en souplesse.

Le cours lui-même était très sympa pour les techniques et l’esprit qui les sous-tendait. Je n’ai gardé que les impressions, les sensations. Entre autre, comment garder la tension de uke pour le déstabiliser dans ses perceptions d’équilibre. Tout un programme.

Prochain compte-rendu : le dernier cours de Sensei.

Passez une bonne soirée et à très bientôt.

Bien amicalement, Jean AUGIER

 

Japon jour 4 mercredi 2 mars 2011

Toujours au Hombu dôjô, Noguchi sensei, de face
Noguchi sensei

Chers amis, ce mercredi 2 mars a été un beau jour d’entraînement. J’ai commencé par un cours avec NAGATO sensei suivi dans la soirée d’un cours avec NOGUCHI sensei, que je n’avais pas encore pu rencontrer. Les deux cours étaient très complémentaires, tout comme le mouvement de ces deux grands shihan. La simplicité dans le contact avec les élèves les rendent très faciles d’accès sans rien enlever à leur personnalité bien affirmée. L’un comme l’autre sont très présents, de manière douce et chaleureuse. J’ai pu sentir, comme uke de l’un et de l’autre, la puissance maîtrisée mais toujours prête à s’exprimer. Cela laisse une drôle d’impression : l’obligation d’attaquer de manière sincère mais de ne pas faire quoique ce soit d’idiot pour ne pas libérer cette puissance contenue. C’est assez délicat à exprimer et je pense que je vais évoluer dans cette même perception lors des deux cours avec eux, jeudi 3 mars. « sumimasen »( désolé) de ne pas être beaucoup plus clair pour le moment.

Cours avec NAGATO sensei

J’ai un peu de mal à vous restituer la structure du cours, d’une part parce qu’il s’y prêtait peu et d’autre part, et surtout parce que je me laisse désormais porté par le flot du cours sans essayer de l’intellectualiser. J’ai constaté que je perdais pas mal de « feeling » en le notant immédiatement.

Nagato sensei a montré tout un panel de réactions adaptées à des coups de poings successifs. Son mouvement, très doux confine à de la marche voire plutôt de la salsa, mais alors très lente, peu rythmée (c’est plus de la salsa alors?). Il contrôle d’une main le poing de son uke, pivote autour, change la main au contact, s’assure par un contact/contrôle de l’avant bras des angles de riposte de son uke, frappe dans les angles morts et en profite pour récupérer une main, un œil, ne néglige pas de déséquilibrer un genou, de maintenir un pied d’uke au sol tout en ravageant son tibia, le tout de manière si fluide que l’on dirait de la danse. Nous avons revu aussi quelques uke nagashi « réception » en jumonji et exploitation en n’hésitant pas à faire des changements de main en route, sans forcer, sans message à uke, de manière la moins perceptible possible. J’ai souligné « réactions adaptées » parce que j’ai cru percevoir qu’il arrivait par un déplacement subtil à obtenir de son uke, d’avoir les attaques, attitudes permettant de faire en sorte que la réaction qu’il veut nous montrer soit effectivement adaptée et pas en décalage avec son uke.

Cours avec NOGUCHI sensei

Le cours a été un peu particulier pour moi.

D’une part, le cours lui-même était très très chargé en « techniques » puisque Noguchi sensei montrait 3 à 4 variations, Henka, sur chaque cas et nous en a présenté une bonne quinzaine en deux heures. J’en ai gardé quelques unes pour le stage. Tout était très fluide et sans violence en adaptation constante avec les réactions de ses uke successifs (essentiellement les Espagnols de Barcelone pour les démonstrations collectives). Les principes en eux-mêmes n’étaient pas complètement nouveaux mais la mise en œuvre, elle, était très créative. Belle image, beau mouvement mais moins dansant peut-être que Nagato ? Je dirais plutôt que le mouvement que j’ai vu est plus « vie de tous les jours » pour reprendre ce que disait Hatsumi sensei hier. La marche est peut-être encore plus « naturelle ».C’est quelque peu présomptueux de vouloir décrire et réduire à ces mots leurs mouvements respectifs, prenez-le plus comme des pistes de réflexion, des axes de recherche.

D’autre part, j’ai servi de partenaire pendant une bonne heure et quelques à Darren Horvarth, jugôdan australien de 130 kg pour 2 mètres (à la louche) qui vit au Japon. Si je vous dis que j’en ai bavé, me croirez-vous ? J’ai beaucoup reçu et beaucoup moins donné… Une bonne expérience tout de même. Darren prétend que Noguchi s’en sort très bien face à lui alors qu’il doit avoir dans les 70 ans, je suis deux fois plus jeune, ça doit être pour ça. On en reparle dans 35 ans ?

Demain, jeudi, deux autres cours avec Nagato sensei et Noguchi sensei. Vu la tournure que prennent les choses, je pense être encore plus succinct pour les techniques et m’attacher au feeling.

Merci à nouveau de votre aimable attention et à bientôt pour les aventures qui viennent.

Bien amicalement depuis Kashiwa, Japon, Jean AUGIER

Japon jour 3 mardi 1er mars 2011

Hatsumi sensei pendant la pause calligraphie au Hombu dôjô le 27 février 2011

Chers amis, cette journée du premier mars a été particulièrement riche d’enseignements martiaux. J’ai pu bénéficier d’un cours de Duncan Stewart, shihan australien vivant au Japon et surtout, surtout du cours d’Hatsumi sensei à Ayase le soir. L’un comme l’autre m’ont apporté des éléments particulièrement intéressants.

Le cours de Duncan Stewart (pour info il doit venir en France à Aix en Provence à la fin mars à l’invitation du dôjô de James Bimes)

Thème 1 : les Kihon Happo Nous avons revu les kihon happo (c’est aussi dans le thème de l’année quelque part…). Il y a des détails qui changent un peu par rapport à ce dont nous avons l’habitude mais rien de fondamental.

Enseignements :

Pour omote et ura gyaku, faire en sorte que la main qui est la plus proche du visage de uke reste libre et capable de prendre en compte une attaque secondaire de Uke. C’est assez évident une fois que l’on y a fait attention. Elle ne fait que guider, un peu comme la main motrice et la main qui guide en bikken jutsu.

Pour muso dori, si la saisie se fait sous le coude (et non au sode), il est util de faire un take ori à uke simplement en pliant le bras saisi. Uke est alors capturé sans pour autant être saisi.

Quand on fait des jodan uke avec le corps, les hanches (la colonne-kôshi justu) et non pas avec le bras, il semble que la fin du jodan uke corresponde à un passage dans omote et ura gyake (celui où on élève le bras d’uke) alors que le début du mouvement de jodan uke se retrouve dans musha dori. Donc le travail de l’un a de l’incidence sur les autres.

Thème 2 : exploitation du cours de Nagato sensei dispensé la veille (voir jour 2). Les cours se font écho les uns aux autres et c’est très enrichissant de faire des liens entre eux.

Travail sur deux tsukis avec uke nagashi très doux, nécessitant des bien gérer les angles et la distance. Uke nagashi avec le jumonji proposé la veille. Garder le pouce de uke permet de mettre sa main comme obstacle. Dans tous les cas, ne pas pencher le corps vers l’avant pour ne pas se mettre à portée du deuxième poing. Il est possible de plier le coude à l’horizontal et d’ouvrir alors pour shitan ken. Application avec sabre.

Duncan a fait quelques rappels sur l’importance du rôle des uke et en a profiter pour rappeler aussi que Hatsumi sensei se sert plus de quelques uns dans la salle que de son propre uke, en particulier, il répond aux attentes/besoins non formulées de l’assistance.

Le cours à Ayase avec Hatusmi sensei (traducteur: Bruce)

La photo d’illustration date de dimanche mais elle vous montre un bel aspect de maître Hatsumi: son goût pour les arts et son aptitude à s’exprimer à travers eux.

Note initiale : Avant d’aller au cours, j’ai repris la lecture de Understand Good Play, chapitre des armes et j’ai lu avec plus d’attention le passage sur la corde, les vêtements, l’usage que l’on doit en faire. J’ai alors mis ma cordelette d’entraînement dans mon sac en me disant que cela allait peut-être servir, surtout que c’est une arme que j’apprécie et que j’aurai bien voulu voir entre les mains du Sôke. Cela n’a pas loupé. Hatsumi sensei a fait très exactement une partie du cours là-dessus. Tirez-en les conclusions que vous voudrez, vis à vis de ce que Duncan disait quelques heures avant. Je n’ai pas la prétention de dire qu’il a fait le cours en partie pour moi, mais cela a tapé dans le mille tout de même.

Techniques abordées :

Natacha, une jugôdan récemment décorée du Buffu Ikkan Award (Sôke a précisé que cela distinguait ceux qui avaient été « consistent »), a montré quelques mouvements sur double ou triple attaque. Soke a exploité cela en montrant ce qu’on pouvait en faire avec une ceinture, une écharpe, un sweat-shirt, une corde et l’a fait restituer à Natacha. Très amusant à mettre en œuvre. Plus tard Natacha a présenté un dégagement (tai odoki) sur tentative d’étranglement arrière. Sôke a insisté sur le fait que les 15e dan (et peut-être bien les 5e dan) devaient sentir venir l’étranglement avant qu’il ne soit trop tard. Il a aussi montré un point de pression sur le plancher orbital, très douloureux… comment faire omote gyaku « par la douleur », en itami, comment intégrer le Tachi (le sien ou celui du uke dans les techniques sur coup de poing. 1 heure 15 non stop, cela fait beaucoup donc je n’ai pas tout noté ni mémorisé mais c’est ce qui m’a le plus marqué.

Quelques citations d’Hatsumi sensei ce jour.

« Utilisez l’environnement, utilisez les vêtements, si vous n’avez que le Tai Jutsu, c’est comme si vous étiez tout nu, il faut ajouter l’environnement (matériel, a ajouté le traducteur) à vos formes »

A propos d’un uke emballé par les vêtements-corde : « plus il bouge, plus il est attrapé »

A propos des mouvements très simples qu’il utilise: « Ce sont des mouvements de la vie de tous les jours, vous pouvez tuer ou être tués avec des mouvements de la vie de tous les jours ». Détail amusant, le midi même, j’observais le cuisinier (un jeune d’une vingtaine d’année) secouer les nouilles (il fallait la faire, je ne pouvais pas la rater). Il le faisait non pas avec le haut du corps mais bien en y faisant participer tout son corps (enfin, nous nous comprenons…). J’avais noté ce point pour vous en parler, pour vous dire que la vie courante pouvait avoir un aspect martial et Sôke a pris l’exact contre-pied.

Il a parlé du Tout puissant (The Allmighty) qui s’exprimait dans le Budo mais je n’ai pas bien saisi la traduction de Bruce et je vais tacher de demander des précisions.

A propos des jeux de mots incessants : « faire de l’humour dans les arts martiaux, c’est important, le kyojitsu en prend aussi la forme »

Faites votre miel de ce qui vous parle mais ne prenez pas tout d’un bloc : il y a double traduction et vu les conditions sonores et mon niveau d’anglais, il est certain que j’ai pu manquer quelque chose. Je n’ai d’ailleurs pas mentionné ce qui est incompréhensible.

 Je vous souhaite à tous une excellente soirée et vous dis à bientôt pour le compte-rendu du jour 4 : cours avec Nagato sensei et Noguchi sensei. Merci de votre bienveillante présence à mes côtés.

Amitiés, Jean

Japon jour 2 lundi 28 février 2011

28 février 2011 1 commentaire

avec NAGATO sensê au Hombu dôjô

Bonsoir à toutes et à tous, ici il est près de 23h00 et je vous livre quelques éléments de la journée.

Note de rédaction: pour mettre un peu d’exotisme, les voyelles longues sont notées avec un accent circonflexe dans le texte. (d’où dôjô et sôke).

Enseignement d’ambiance : les buyus présents sont de plus en plus amicaux, parce qu’on prend le temps de parler, qu’il y a un peu moins de monde que le dimanche, que je suis moins dans le jetlag etc. Les gros contingents sont : des Néerlandais (une petite quinzaine), des Espagnols (une petite dizaine), des Australiens (une demi-douzaine). L’équipe des Pays-Bas est par ailleurs régulièrement présente lors du grand stage de juillet (YURÔ SHI TENNO) à Vincennes (cette année, 8, 9 et 10 juillet 2011, à ne surtout pas manquer si pouvez y être).

Le cours de NAGATO sensei au Hombu dôjô

Il fallait s’y attendre, l’impression de simplicité et de décryptage aisé allait bien avoir une fin ! Le cours était très clair et très intéressant grâce bien sûr à l’expertise de NAGATO sensei ainsi qu’à sa personnalité très attachante. Je vais être relativement factuel car il n’y a pas eu véritablement d’enseignement type « citation » quasi mystique mais tout de même une petite boutade de sa part :

« je n’enseigne pas aux quinzièmes dan (c’est  Sôke qui le fait), non je répare, je soigne plutôt (terme anglais : to fix), donc si vous voulez être mes patients… ».

Base de travail avant la pause : jodan tsuki éventuellement doublé par uke.

Etude 1 : absorption du poing d’attaque pour exploiter en take ori sous l’aisselle, et l’enchaîner après rétablissement au dessus par un omote gyaku ou de nouveau take ori vers l’épaule.

Etude 1 bis : idem au départ et l’enchaînement se fait toujours en bas par une sorte de ura gyaku qui fait penser au sankyo de l’aïkido mais dont la direction n’est pas vers le haut mais vers le bas pour favoriser l’amenée au sol (en l’orientant dans les zones sans appui du dos de uke).

Intermède : NAGATO sensei nous a montré un des gros points faibles de attaques « coup de poing en va et vient » qu’on voit en boxe, en karaté etc. Le mouvement retour du poing est un moment de faiblesse à exploiter. Je vous laisse tester de votre côté. On verra aussi cela en stage pour ceux du dôjô…

Etude 2 : à partir d’un contrôle du tsuki en jumonji quasiment poing contre poing (pour Tori) et qui peut devenir assez désagréable surtout si on met des shukos. Sans saisie, le poing d’attaque est alors capturé par la pince. La main la mieux placée (celle côté ura la plus part du temps…) peut saisir le pouce d’Uke et amener tout simplement (en écartant par le bas) une clé de bras etc.

Etude 2 bis : à partir du même contrôle croisé en étant omote, revenir en ura par un déplacement léger et libérer le ura shûto qui n’attendait que cela, le ura gyaku qui suit est encore de Mozart, pardon, de NAGATO.

Etude 3 : On revient à l’absorption du poing en le contrôlant sans serrer avec une ou deux mains (type abeille qu’on garde au creux de ses mains dans le noir, pour les initiés de la métaphore) et enchaînement vers le bas, talon avant et vers l’extérieur en omote gyaku.

Pour finir avant la pause, travail encore plus libre, en enchaînant les attaques de Uke.

Et donc, après une bonne pause, les choses se sont gâtées : Mon partenaire de travail était lui aussi un garçon solide et très ancré dans le sol (des années de jûdô !). L’impression de travailler face à soi-même ! Les plus caustiques d’entre-vous sont priés de faire taire ces ricannements que j’entend de l’autre côté du globe. L’exercice d’étude de NAGATO était de créer un déséquilibre sur une base d’attaque type « omote henka ». J’ai quand même eu l’impression de jouer à contre emploi au sens où face à ce style de uke, ce n’est pas forcément comme cela que j’aurai naturellement gérer le problème. Mais il s’agit bien d’étude  après tout. On a donc beaucoup tourné, cherché des angles et des solutions sur les bases des compléments que proposait NAGATO : comme l’agrément d’un shûto juste après s’être gardé du poing d’attaque, comme une frappe puis une poussée à koe (l’aine) dans un angle intéressant etc. L’un comme l’autre, on a fait un max pour rester souple, sans forcer, mais le corps reste le corps. Il n’y a pas de raison qu’il tombe si rien de l’y incite de manière persuasive, voire très persuasive… L’un comme l’autre, avons bien fini par mordre le tatami (pas question de poussière, c’est très propre le Japon et donc le Hombu dôjô). Un doute subsiste, je devrais prendre le temps d’aller voir des sumotori, il y a peut-être quelque chose à apprendre dans le domaine aérien…

Ce sera tout pour aujourd’hui, merci de votre attention et de votre indulgence toujours bienveillante. Demain, cours du soir à AYASE avec HATSUMI Sensei, moment important de ce stage. Je ne suis pas sûr de faire le compte rendu dans la foulée  sachant l’heure à laquelle il va se terminer (s’il se termine un jour d’ailleurs…) mais EN NO KIRI NAI, ne coupez pas le lien.

Amitiés, Jean AUGIER

Japon Jour 1 dimanche 27 février 2011

Avec SENO sensei au Hombu dôjô

Bonjour à toutes et à tous, ce premier compte-rendu vous parlera des deux cours que j’ai suivis le 27 février 2011 au Hombu dôjô avec SENO sensei et HATSUMI Sensei. J’en profiterai pour parler très sommairement de mon arrivée du samedi 26.

La mise en place : sans stupeur ni tremblements

Après un vol sans encombre de Paris vers Narita (je confirme l’étroitesse des places qu’évoquait Bruno la dernière fois), j’ai pu bénéficier d’un accueil d’exception en la personne d’Hugues DECHIROT (les comptes-rendus des cours qu’il a suivis sont disponibles sur le forum de la buyukaï). J’ai donc eu un guide averti pour m’initier aux mystères des déplacements par train et bus mais aussi bien d’autres domaines. Je confirme par ailleurs que les choses sont grandement simplifiées maintenant que la plus part des panneaux sont doublés en caractères latins voire en anglais. J’imagine ma stupeur (suivie probablement de tremblements) si tout avait été affiché en kanji avec une population autochtone certes très prévenante mais non anglophone comme cela a pu être le cas il y a quelques années.

 Constatation générale sur les cours au Japon :

Le fait de maîtriser les outils du Ten Chi Jin ryaku no maki rend très lisible tout ce qui est montré. Il n’y a rien de sorcier, tout est finalement très simple. J’en profite pour rendre un hommage appuyé à mon professeur, Arnaud COUSERGUE et aux shihans qui m’ont formé. Leur exigence à me faire apprendre la grammaire des mouvements me permet maintenant d’identifier très vite les techniques et points clés pour pouvoir me concentrer sur la sensation (kankaku) et la partie cachée (ura). Des Indiens venus au Japon après la Ten Chi Jin university de Bengalore d’Arnaud témoignaient : « on comprend tout ce qu’ils (les shihans) font ». Je confirme cette impression pour la partie visible (omote). Pour le reste (le ura) c’est une autre histoire…

Le cours de SENO sensei

Ce cours de deux heures a été très productif et varié tout en restant guidé pour l’essentiel par une unique forme d’attaque : saisie de la manche à hauteur du poignet et coup de poing au visage, en gros l’attaque de « omote henka » des kihon happo mais avec une saisie basse à la manche. Les réactions proposées à l’étude par SENO sensei étaient riches d’enseignements. Son mouvement m’a paru très doux et son déplacement très posé et économe en énergie. Pourtant, quand il est venu préciser un point technique sur moi, j’ai immédiatement senti à quel point les distances prises et les angles choisis le plaçaient hors de la portée de mes ripostes tout en étant lui-même très proche.

Le déplacement fluide et non pas saccadé ou avec des impulsions, uke ne lâche pas la manche et donc se saisit lui-même. Une des variantes proposées permettait de se dégager de l’emprise de uke sans le faire lâcher. C’est assez fin : laisser saisir sans pour autant être saisi… En particulier par un simple décalage pour aligner en douceur la ligne d’épaule d’uke, SENO s’est mis dans un angle et une distance permettant de faire un « gyaku o soto gake ».

Petit point pour amplifier les contrôles articulaires sans jamais saisir uke : SENO sensei utilise le pouce tendu comme dans un « boshiken » où le pouce dépasserait un peu plus. A partir de là, les transitions de ura gyaku, muso dori ganseki nage et o gyaku se sont faites très aisément mais aussi  musha dori/oni kudaki (un musha dori où l’on ne vient pas au contact de uke).

Le cours de HATSUMI Sensei

Pour des raisons qui lui sont propres, Sensei est arrivé plus tard que prévu. Paco, un shihan espagnol s’est chargé de débuter le cours par un travail de uke nagashi souple (en déviation légère) sur une base de jumanji no kamae. En gros, guider le poing sui attaque et s’assurer du contrôle de la deuxième en passant sous le bras d’attaque de uke. Beaucoup de variations autour de ces mouvements. Sensei a demandé à plusieurs reprises à des élèves de montrer quelque chose (une seule édition), sans faire d’autres commentaires que « ok, good, play » d’où l’intérêt de saisir du premier coup ce qu’il faut faire. Plutôt que de faire le menu de ce qu’il a montré, je vais vous faire part de l’aspect déroutant de son enseignement Je précise que ce sont des sensations vues de l’extérieur, non ressenties personnellement à son contact. Quand on le voit faire, cela paraît simplicissime, Sensei marche dans un relâchement complet, tout mouvement lui ouvre un panel de solutions qui stupéfient son uke. L’attaquant se retrouve dans une situation comparable à être sur le fil du rasoir : il doit se dire que s’il bouge il va se faire ouvrir en deux. Une sorte de point de moindre danger ?

Je dois reconnaître que sur le coup, tout en étant si simple, la très grande finesse des déplacements de Sensei, des angles, du timing, n’est pas explicite. C’est quand on essaie de restituer de son côté que toute cette belle impression de compréhension s’effondre. Donc, au bout d’un moment, j’ai arrêté d’essayer de comprendre ce qui n’était pas de l’ordre de l’intelligible… Même si le cours a été bref, la densité de l’enseignement le rend long à digérer. Et comme Sensei l’a rappelé, il s’adresse aux jugôdans…

 Je termine là ce compte-rendu journalier. Merci de votre bienveillante attention et de votre indulgence pour le style.

Amitiés, Jean AUGIER

Le Stage retour Japon 19-20 03 2011 sera privé

Bonsoir à toutes et à tous, contrairement à ce qui a été annoncé sur le blogue, le stage retour Japon du 19 et 20 mars 2011 ne sera pas ouvert aux “extérieurs”, à ceux qui ne sont pas membres du dôjô. C’est bien un stage “privé“. Et je suis navré de vous priver de stage, soyez en sûr. Merci à toutes celles et ceux qui s’étaient déjà manifestés pour nous rejoindre, c’était très sympathique de votre part. Ne soyez pas trop déçus, il y a d’autres stages en mars en France.

Sauf ceux du dôjô qui auront une explication en direct, si vous souhaitez plus de précisions sur les raisons de cette restriction, contactez moi par courriel à bujinkan.ecolemilitaire@gmail.com

Pour les membres du dôjô, des precisions suivront pour les détails mais  vous avez déjà eu les grandes lignes dans l’article précédent.

Passez d’excellentes vacances ou congés et ne perdez pas trop le rythme dans vos apprentissages, malgré la “trève”, à très bientôt, amitiés, Jean

Catégories:Annonce de stage, Stage
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